WHISTLER – Mieux comprendre le sport en tant qu’industrie, c’est l’ultime objectif que s’est fixé Milena Parent, professeure agrégée à la Faculté des sciences de la santé de l’Université d’Ottawa. Pour ce faire, la docteure en administration du sport originaire de Gatineau, au Québec, profite présentement d’un séjour de quatre mois à Vancouver pour vivre une expérience de travail avec le COVAN et recueillir de précieuses informations pour un projet de recherche.
Lauréate du prix jeune chercheuse de l’année de l’Université d’Ottawa, elle coordonne présentement à Vancouver les services d’interprétation à l’aréna Thunderbird de l’Université de la Colombie-Britannique, où seront présentés la plupart des matches de hockey féminin et quelques matches de hockey masculin. « J’applique ici mes recherches et je peux voir en action tout ce que j’ai étudié sur le fonctionnement d’un comité organisateur ainsi que les théories et les modèles avec lesquels il jongle », dit-elle.
En parallèle, elle entend tirer avantage de sa présence aux Jeux pour enrichir un projet de recherche axé sur la gouvernance démocratique aux Jeux olympiques de 2010. Elle s’intéresse plus particulièrement aux liens qui s’établissent entre les comités organisateurs et les diverses parties prenantes dans le cadre de ce grand évènement sportif. « La gouvernance démocratique est un concept qui regroupe à la fois la performance, l’efficacité, la transparence, la participation et l’imputabilité », précise-t-elle. Il s’agit d’un concept nouveau en administration publique que la jeune chercheure applique aux Jeux d’hiver de 2010 pour l’évaluer et, accessoirement, pour comprendre les mécanismes de coordination inter/intra gouvernemental et avec le COVAN.
« Je suis un peu comme une ingénieure qui cherche à comprendre le fonctionnement d’une boîte électrique, de ses différentes composantes et leur mise en relation afin d’en maximiser l’efficacité. Seulement, dans ma boîte, il y a les différents paliers gouvernementaux, le Comité international olympique (CIO), le COVAN et bien d’autres choses! »
L’application du concept de gouvernance démocratique comme cadre d’analyse aurait été choisie en raison des nouvelles normes occidentales de gouvernance en vogue depuis plusieurs décennies. « La culture du financement a changé au fil du temps. On privilégie désormais des organisations imputables. Dans le domaine de la gestion du sport, ces normes ont été intégrées seulement depuis les années 1980, décennie où l’on a assisté à une commercialisation accrue des Jeux. »
« Il y a un engouement pour les sports, on y dépense beaucoup d’argent, mais jusqu’à tout récemment, on connaissait mal le fonctionnement de ses structures de bases », souligne Mme Parent en décrivant le volet exclusif de sa recherche. L’un des objectifs du projet consiste d’ailleurs à fournir une série de recommandations aux gouvernements désirant entreprendre des projets d’envergure similaire, notamment en ce qui a trait au transfert de connaissances entre comités organisateurs.
À cet effet, le COVAN se démarquerait des comités organisateurs précédents en ayant pour la première fois exigé la mise en place un système de transfert de connaissances dès le début de la planification des Jeux. Cette démarche n’aurait étonnamment pas été implantée dans la culture organisationnelle du CIO avant Sydney 2000, quelques années après les nombreuses irrégularités survenues lors des Jeux d’Atlanta. « Le but est ici de permettre à une grosse organisation comme le COVAN de pouvoir gérer de façon efficace de gros évènements sportifs et éviter les dépenses inutiles. Vancouver 2010 sera d’ailleurs le nouveau standard en la matière. »
Article rédigé dans le cadre du projet Franco Médias 2010. À voir sur le site www.francomedias2010.ca
